A propos

Ce blog est tenu par les deux services civiques du Collectif les Morts de la Rue. Tous les six mois, une nouvelle équipe, un nouveau binôme de services civiques de dix-huit à vingt-cinq ans se forme pour assurer plusieurs missions, notamment entretenir ce blog.

Hommage à Marco

Un hommage à Marco, décédé le 28 mars 2015

Régulièrement, nous publions des articles à la mémoire de personnes décédées sur la voie publique à Paris. Si le Collectif les Morts de la Rue ne dénombre pas que les décès parisiens, ni non plus que les décès qui ont lieu directement dans la rue (il y en a aussi à l’hôpital, en chambre d’hôtel…), nous, ne nous occupons a priori que de ceux-là. Il est arrivé parfois que nous nous déplacions en banlieue, mais rarement.

A chaque décès que nous apprenons à Paris donc, nous allons sur les lieux, à l’endroit où nous apprenons que la personne est décédée. Là-bas, nous posons des affiches, parfois deux ou trois, parfois dix, à sa mémoire ; nous avons l’habitude d’y ajouter une fleur, une rose pour qu’on la voie un peu mieux. Souvent, lorsque nous posons ces affiches, des riverains s’arrêtent ; nous prenons du temps à les accrocher aux arbres (sur les poteaux, les murs, la mairie les enlève), à bien choisir leur emplacement et pendant que nous faisons ce geste, il n’est pas rare que nous rencontrions des gens : des riverains, des simples passants qui connaissaient ou non la personne décédée. Alors, c’est pour nous l’occasion d’apprendre des choses sur la personne sur laquelle nous enquêtons qui souvent, avant que nous allions sur le terrain, n’est qu’un nom, un prénom, pas davantage, parfois même moins que cela pour nous. Et quand les gens qui s’arrêtent devant l’affiche ne la connaissent pas, nous sommes tout de même heureux de voir que notre geste ne laisse pas indifférent ; et nous parlons des choses que nous savons sur les morts de la rue, lorsque l’on nous pose des questions, et à plusieurs reprises, nous avons pu faire connaître le Collectif les Morts de la Rue aussi de cette manière-là.

Hommage à Edison

Pose d’une affiche Place du Palais Royal

En plus d’accrocher nos affiches autour des arbres, nous allons rencontrer les commerçants du quartier. Et il arrive fréquemment que la personne sur laquelle nous enquêtons soit connue des commerçants de son quartier, des gens qui travaillent là, d’une boulangère, d’un épicier, d’un buraliste ou encore d’un employé qui le matin, le soir, avait l’habitude de passer devant elle ; chaque information que nous recueillons, nous la prenons en note, dans un petit carnet pour en faire une synthèse plus tard. Puis, les jours passent, les semaines, les mois : quand nous avons le temps, nous revenons au même endroit, nous allons dans les magasins qui étaient par exemple, fermés le jour de notre première venue, nous reposons des affiches car certaines sont arrachées parfois, les roses fanent et d’autres sont trempées de pluie ; après cela, il arrive souvent que le Collectif les Morts de la Rue reçoive des appels ou des mails des riverains qui ont vu nos affiches.

Hommage à Didier

Une affiche sur un banc, à la mémoire de Didier F

Sur les lieux, nous prenons également des photos. Cela, nous le faisons soit pendant notre enquête, soit nous revenons sur les lieux exprès pour le faire.

Il y a bien des manières différentes de rendre hommage à quelqu’un, il est vrai. Jusqu’ici, nous avons surtout choisi d’écrire ce blog des articles accompagnés de photographies, parfois de filmer quelques images, parfois d’ajouter le témoignage d’une personne qui a connu l’homme ou la femme décédée, mais cela ne sera peut-être pas toujours comme cela, nous ne le savons pas, nous veillons à ce chaque hommage soit un hommage personnel. En attendant, nous espérons que ce choix de format, un blog, mettra à la vue de tous ce sujet des morts de la rue, alors qu’on en parle si peu ailleurs, dans les médias traditionnels, et que peut-être, un jour, l’un des proches d’une de ces personnes décédées, l’un de ses amis, un membre de sa famille, quelqu’un qui l’a connu de près ou de loin, sera heureux de trouver des informations sur elle ici – ou même, lorsqu’il ne s’agit pas d’informations, lorsque nous ne savons rien et que nous n’avons presque rien pu mettre de précis sur la personne sur laquelle nous avons enquêté, de trouver un article sur elle.

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